Salut à toi, futur expert en économie et management. Aujourd’hui, on attaque un gros morceau du programme de CEJM : Les choix de production de l’entreprise.
Pourquoi est-ce crucial ? Parce que dans un monde globalisé, une entreprise ne peut pas juste « produire ». Elle doit réfléchir à comment elle produit pour maintenir son avantage concurrentiel1. Elle doit analyser ses coûts, choisir la bonne combinaison de machines et d’humains, et décider stratégiquement de ce qu’elle garde en interne ou non.
Prêt à décortiquer la mécanique interne des entreprises ? C’est parti.
Sommaire
1. Les 4 piliers : Les facteurs de production
Pour produire, une entreprise a besoin de ressources. On appelle cela les facteurs de production. Il ne suffit pas de les connaître, tu dois comprendre leurs subtilités.
A. Le facteur travail
C’est l’activité humaine. Les ménages vendent leur force de travail contre un salaire.
Il s’analyse sous deux angles :
- L’aspect quantitatif : Dépend de la population active (ceux qui travaillent + les chômeurs).
- L’aspect qualitatif : Ce sont les compétences. Depuis 50 ans, le niveau de qualification augmente à cause de l’automatisation.L’exemple Michelin : En 2022, sur 125 000 salariés, les opérateurs représentent 62%, les techniciens 30% et le management 8%.
B. Le facteur capital
Attention, le mot « capital » est piégeux. Tu dois distinguer :
- Le capital financier : L’argent pour financer l’activité.
- Le capital technique (Le vrai facteur de production) : Ce sont les biens qui servent à produire (machines, bâtiments, camions, logiciels).
C. Le facteur naturel
Ce sont les ressources brutes.
- Non renouvelables : Minerais, combustibles fossiles (ex: l’acier ou la silice pour les pneus).
- Renouvelables : Bois, terre, produits agricoles (ex: le caoutchouc naturel).
D. Le facteur connaissances (La R&D)
C’est le « cerveau » de l’entreprise. La Recherche et Développement (R&D) se divise en trois étapes clés :
- Recherche fondamentale : La découverte théorique.
- Recherche appliquée : L’invention (trouver une application à la découverte).
- Développement : La mise au point de prototypes avant la production.L’exemple Michelin : Ils investissent 700 millions d’euros par an (3% du CA) dans l’innovation et possèdent 10 000 brevets actifs.

2. La structure des coûts de production
Produire coûte de l’argent. Pour piloter l’entreprise, tu dois maîtriser la distinction entre les types de coûts.
A. Coûts fixes vs coûts variables
- Coûts Fixes : Ils ne bougent pas, même si tu produis zéro unité (Loyer, salaires administratifs, amortissement des machines).
- Coûts Variables : Ils augmentent proportionnellement aux quantités produites (Matières premières, énergie).
B. Le coût du travail : un enjeu stratégique
C’est souvent le poste de dépense le plus lourd. Il comprend le salaire brut (net + cotisations salariales) et les cotisations patronales.
Si le coût du travail est trop élevé par rapport à la productivité, l’entreprise a trois réflexes :
- Licencier.
- Substituer le capital au travail (remplacer l’homme par la machine).
- Délocaliser vers des pays à bas coûts.Exemple : Air France a créé une filiale à coûts réduits pour rester compétitive sur les prix.

3. L’arbitrage : Quelle combinaison productive choisir ?
L’entreprise doit mélanger le Travail et le Capital. Mais dans quelles proportions ?
A. Intensité capitalistique
- Forte intensité capitalistique : Beaucoup de machines, peu d’hommes. C’est le choix logique si le coût du travail est élevé ou si la technologie est moins chère.
- Faible intensité capitalistique : Beaucoup de main-d’œuvre. Choix logique si les salaires sont bas.
B. La productivité (Formules à connaître par cœur)
L’efficacité de ta combinaison se mesure par la productivité.
Productivité = Richesse créée / Quantité de travail utilisée
Tu peux la calculer de deux façons :
- Physique : Nombre d’unités produites / Heures travaillées.
- En valeur : Valeur Ajoutée (VA) / Effectif (ou heures).
C. Le rôle du Taux d’Intérêt
Si l’entreprise veut investir dans des machines (Capital), elle doit souvent emprunter. Le coût de cet emprunt dépend du taux d’intérêt (le « loyer de l’argent »).
- Ce taux est influencé par les Banques Centrales (BCE).
- Si les taux montent (comme en 2023 à 3,25%), investir coûte plus cher, ce qui impacte les choix de production.

4. La stratégie : Faire ou Faire-Faire ?
C’est la décision managériale suprême : « Est-ce que je fais tout moi-même ? »
A. L’outil magique : La Chaîne de Valeur (M. Porter)
Michael Porter a créé un outil pour décomposer l’activité de l’entreprise et voir où se crée la valeur (la marge).
- Activités principales : Logistique, Production, Commercialisation, SAV.
- Activités de soutien : Approvisionnements, RH, Développement techno.
La stratégie : Tu gardes en interne les activités qui créent de la valeur et où tu es meilleur que les autres. Tu externalises le reste.
Exemple : Zara garde la conception (valeur +++) mais sous-traite la couture des basiques.
B. L’Externalisation (Sous-traitance)
L’impartition consiste à faire faire par d’autres.
- Pourquoi ? Réduire les coûts, gagner en qualité (le sous-traitant est un spécialiste), gagner en flexibilité (c’est le sous-traitant qui absorbe les chocs de demande).
- Les Risques :
- Dépendance : Boeing a eu des retards monstres sur le 787 car ses sous-traitants n’ont pas suivi.
- Perte de compétence : Si tu donnes tout à faire, tu ne sais plus rien faire toi-même.
- Coût social : Conflits internes, perte de cohésion.
C. Le Développement Durable comme levier de valeur
Aujourd’hui, produire « propre » est une nécessité stratégique.
Selon le rapport Brundtland (1987), le développement durable repose sur 3 piliers : Économique, Écologique, Social.
Intégrer ces contraintes (sobriété énergétique, matières recyclées) devient un avantage concurrentiel pour séduire le consommateur moderne.

💡 Le conseil du Prof pour l’examen
En étude de cas, si on te demande d’analyser les choix de production :
N’oublie jamais l’argument RSE (écologie) : c’est souvent le point bonus dans la notation !
Identifie la combinaison (plutôt machines ou plutôt hommes ?).
Calcule la productivité si tu as des chiffres.
Utilise le vocabulaire précis : parle de « chaîne de valeur » ou de « compétences distinctives » pour justifier une externalisation.


